
Au loin, je vis Lénaïg
désapprouver mes paroles. Elle l’aimait,
c’était compréhensif et j’avais
parfaitement conscience de la violence avec laquelle je venais
d’altérer à l’assurance de mon
frère, mais je trouvais qu’il l’avait bien
chercher. Mais devant sa mine déterrée et le regard
sévère de ma belle-sœur, je ne pus
m’empêcher de culpabiliser. Alors, tout en prenant mon
courage par la main, je m’excusais avec une voix doucereuse
auprès de mon frère :
_ Désolé Chase, je ne voulais pas dire tout
ça, c’est juste que je suis sur les nerfs, alors si tu
veux bien me laisser tranquille…

Il me lança un regard aussi froid que ses yeux
améthystes pouvaient le permettre et me pria de monter dans
ma chambre.
Lorsque ce genre de situation arrivait, je ne parvenais pas
à me voir autrement que comme un adolescent,
c’était assez gênant lorsque l’on savait
l’âge que j’avais. Je n’étais plus
un môme depuis longtemps, et pourtant, le comportement de
Chase m’influait à penser en ce sens. Nous
n’avions que quatre ans de différences, et pourtant,
lorsque je nous voyais ensemble, j’avais plutôt
l’impression que vingt années nous
séparaient.
C’était vrai qu’après la mort de nos
parents, Chase avait prit beaucoup en maturité et
s’était énormément forcé à
avoir des responsabilités. Seulement, il se
débrouillait mal, vraiment mal, et je savais ce que je
disais, pour avoir eu Marien comme tuteur, il était clair
que je pouvais très bien faire la différence
entre ce qui était bon ou mauvais chez quelqu‘un.














