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003  (Histoire) posté le samedi 16 août 2008 02:09

 

 

 

Mais pour en revenir à un sujet qui concerne ma vie constante ; mon enfance, je l’ai passé à être frappé par les gosses autour de moi. Joyeux n’est-ce pas ? Je l’ai aussi passé à être racketter chaque midis par les plus vieux, toujours à l’affût de ce que j’avais à leur procuré. Et comme dans la plupart des clichés des mômes agressés par les autres, je suis rapidement arrivé à l’hôpital avec quelques côtes cassés et des parents inquiets à supporter pour longtemps. Très longtemps. Sans compter un frère aîné qui n’avait pas l’attitude d’un frère mais celle d’un autre adulte soi-disant responsable de moi. Et je crois bien que c’est de là qu’est partie mon ignorance des règles et des lois, je ne supportais pas cette surcharge affective qui allaitait plus ma haine que mon bonheur. Et puis, avec le temps, j’ai finis par accepter à petite dose cela et ce que j’avais besoin d’évacuer avec colère, je le faisais sur mon petit frère, peu importe ce qu’il m’arrivait tout était toujours de sa faute, à chaque fois. Je lui faisais subir quasiment le même traitement dont j’avais été sujet auparavant. Et tout au début, j’étais plutôt heureux de ce souffre douleur, mais quand j’ai commencé à comprendre qu’il avait fini par avoir peur de moi, j’ai cessé cette violence fraternel et j’ai tenté de comprendre ce qu’était l’être humain. Abusive comme apprentissage, n’est-ce pas ? Et le pire, c’est que je ne l’ai jamais regretté.

 



Suite à cela, alors auréolé d’espoir, j’ai saisi l’opportunité de croire en mes proches et j’ai aimé mes parents et ma famille. Je les ai aimé sincèrement, peut-être même plus que de raisons, trouvant, au final, leur amour beau et attendrissant. Quelque part je me rapprochais d’une sorte de guérison de ma colère, après tout j’avais douze ans à cette époque et j’étais encore récupérable. Malheureusement pour moi, c’était aussi ce moment que la vie choisit pour abattre ses cartes de jeu. Sans bluffe.
Mes parents sont morts dans un incendie et je n‘ai jamais rien pu faire pour réparer cela. Absolument rien.

 

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012  (Histoire) posté le samedi 16 août 2008 02:09

 

 

_ Si j’étais à sa place, c’est exactement ce que j’aurais fait Chase !

_ Mais arrêtes de prendre sa défense ! S’indigna-t-il en retour, le regard malheureux.

_ Et toi, arrêtes de me fixer comme ça ! C’est déstabilisant ! Répliqua Lénaïg, rougissant quelque peu en voyant son petit ami si blessé.

Il avait véritablement un don pour faire cela.
Ses yeux de chiens battus, lorsqu’il les sortait, réussissaient toujours à obtenir ce qu’il voulait. Et cette technique marchait particulièrement bien sur Léna. C’était d’ailleurs pour cela que Chase s’en servait. Il savait parfaitement qu’une fois qu’elle se mettrait à rougir devant lui, elle accepterait sa demande.

_ Mais arrêtes je t’ai dis ! Cria-t-elle, reculant.

_ Lénaïg… chigna Chase en la regardant avec fixation, appuyant volontairement sur son expression des plus malheureuses.

 



_ Non ! Je n’irais pas chercher ton frère ! C’est hors de question !

Cette fois-ci, elle l’avait dit avec une telle puissance que Chase prit sérieusement un air abattu avant de se détourner de sa petite amie, lui tournant le dos.

_ Puisque c’est comme ça… Je n’insiste pas…

Après les yeux, c’était avec son ton qu’il souhaitait faire changer d’avis Lénaïg. Si son regard triste n’avait pas fonctionné, peut-être que sa voix atterrée marcherait.

 

 

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005  (Histoire) posté le samedi 16 août 2008 02:09


(cliquez pour lancer la musique)

 

 

On commence tous sur une même note. Un son primaire qui se poursuit dans une différence secondaire. On construit nos bases sur ces musiques, évacuant nos mots au travers, atteignant parfois le paroxysme de notre indifférence pour les autres.

Chanter pour apprivoiser ses rêves et ne plus s’indigner devant l’inconstante perturbation qui remue et dévaste notre vie autant qu’elle la cajole et la développe avec prudence. Cette douceur étrange qui nous rend aussi prudent qu’aveugle.

Alors, dans tout ce vacarme en concert, je trouve ma place et donne ce que j’ai à donner.
Comme chaque soir depuis peu, je me retrouve dans ce bar aux allures de karaoké et anime le peu d’âmes qui osent se perdre ici.

 



Je chante depuis toujours il me semble, c’est un passion comme une autre qui ne me plaît que grâce à ce qu’elle peut m’offrir. Une forme de délivrance. Certains se libèrent dans l’écriture, d’autres dans le dessin ou la photographie, d’autres encore s’acharnent dans leur travail ou dans leur perte, mais moi, je chante. Je suppose que nous avons tous une capacité particulière, qu’elle soit artistique ou non, on trouve toujours un moyen pour se soulager du poids de notre vie, combler le manque et la peur qui nous gagne de temps à autres. Et moi, je pense que c’est le chant que je possède. Peut-être que je me trompe, je n’en sais rien et je m’en fiche. Mais c’est-ce qu’il me plaît et ce que j’ai à offrir.

Je pourrais être différent, mais je cherche juste à être moi-même. Ni blanc, ni noir, même pas gris, d’aucune couleur en fait. Ou peut-être de celle du néant après tout. Et celui qui saura me dire à quoi il ressemble, je lui écrirais une chanson rien que pour lui. Mais d’ici que cela arrive, je serais sans doute mort, à mon tour.

 

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006  (Histoire) posté le samedi 16 août 2008 02:09

 

 

Quoiqu’il en soit, j’aime venir ici et donner un bout de moi-même dans la musique. Elle n’est peut-être pas de mes soins, mais cela ne m’empêche pas de vouloir y mettre un morceau de sincérité. Après tout, il serait bien bête d’exercer une passion à laquelle on ne prête aucun sentiments. Certains le font pour pouvoir se sentir plus beau, mais personnellement, la satisfaction par l’égocentrisme ne m’a jamais intéressé. J’aime ce qui sort de l’intérieur, qui vient des trips comme on dit, ou disait, avant.

Ma voix, je me fiche de la savoir belle. Bien sûr qu’on me le dit souvent, et j’en suis honoré à chaque fois. Mais à l’instant que j’aime l’utiliser, je ne serai pas dérangé par l’ignorance des autres. Qu’ils soient deux ou vingt, cela m’indifférence, ce qui compte, c’est l’émotion que l’on retient de soi et de ceux qui écoutent.

 



Ma perception de l’art est peut-être erronée ou mal placée, mais cela m’importe peu, si c’est celle qui me plaît. Et puis, de toute manière, je ne serais pas un anarchiste si je ne me débrouillais pas tout seul pour arbitrer mes propres expressions. Je ne voudrais pas qu’on m’apprenne la normalité. Je l’ai assez supporté lorsque j’étais au lycée. Maintenant que j’étudie la psychologie, je me sens largement mieux. Ma Folie n’a aucun seuil.

 

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008  (Histoire) posté le samedi 16 août 2008 02:09

 

_ Alors c’est comme cela que tu finis la scène Ange ? Me demanda un homme, lorsque je fus assis sur le tabouret, devant le bar.

_ Oui Will. Et cela te déplaît peut-être ?

 



_ Tu animes mon bar, me répondit-il, les gens affluent lorsque tu chantes, alors oui, je n’aime pas lorsque tu t’arrêtes.

Un sourire s’esquissa sur son visage. Will était un homme d’un certains âges qui devaient avoir une sacré vie derrière lui. Père de deux enfants que je ne connaissais pas, il s’occupait aussi de ce bar où je passais mes soirées depuis deux mois. Depuis qu’une annonce s’était perdue dans les couloirs de l’université pour retrouver un chanteur, en fait. Comme la musique était mon plaisir, je ne m’étais pas privé pour venir ici avant que l’on me double et proposer un travail tout à fait bénévole pour animer ce bar. Et comme ma voix avait satisfait les propriétaires de cet endroit, ils ont rapidement accepter l’unique condition que je demandais : avoir à disposition la scène les soirs où je venais et pouvoir décider de quand je devais commencer ou m’arrêter de chanter.

 

 

_ Tu sais très bien que lorsque la patience n’y est plus, je préfère arrêter.

_ Oui, je sais, je voulais juste voir si c’était possible de te convaincre de remonter sur scène.

_ De toute façon, les DJs ont commencé, donc se serait vraiment difficile de me faire chanter encore une fois ce soir, lui dis-je tout en me retournant pour constater que les gens dansaient déjà avec entrain devant la scène.

 

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