
Mais mis à part cette vue
descriptive de mon être, il y a aussi un morceau de
personnalité hors de l’anarchie intime à
constater chez moi. Mon nom est Ange, Ange Blake. Et si mon
patronyme avait été légèrement
différent, j’aurais pu être un oxymore vivant.
Mais malheureusement, je n’ai pas mérité cette
antithèse, sauf peut-être à
l’écoute. La sonorité est un oxymore, elle. Et
c’est peut-être grâce à cela que je suis
passé maître dans la controverse des hommes.
Je sais, vous voyez sans doute en moi un dur, un garçon
plein de puissance, qui affronte les idées des autres en
mettant en avant les siennes. Vous pensez sans doute que je suis ce
type là, qu’on voit à la
télévision ou qu’on lit dans les journaux et
qui affirme sans hésitation tout un tas de phrases et de
mots qui sont censés être presque des règles ou
des valeurs de vie à venir. Mais non, je suis tout
l’inverse. Mon opinion, je ne le dévoile que
très rarement, parce qu’à chaque fois que
j’émets ce goût terrifiant de la haine et du
rejet totale des autres, on me juge du regard étrangement.
On me voit soudainement comme une dangereuse tempête qui
s’annonce et s’apprête à casser croyances
et idéaux. Je suis d’un seul coup vu comme une
étrange bête, une bête qui devrait être
autopsiée pour mieux être comprise. Mon cerveau est
constaté comme celui d’un méprisable être
dangereux. Et cela, je le vis depuis que je me suis forgé
cette galère interne vorace. Alors, mon idéologie, je
la garde bien au creux de mon âme et ne la dévoile que
lorsque le besoin est de choquer. De toute façon, si je le
disais dans une conversation décente, je ne serais pas pris
au sérieux, et si telle était le cas, je n’ose
même pas imaginer ce que ma réputation deviendrait.
Donc, comme j’aime à garder cette contre-servilitude
qui est en moi, cette animalité qui m’a
préservé de la normalité des hommes, je
préfère ne pas émettre mon opinion ou le
donner pour éloigner les autres et qu’ils se
retrouvent tout remuer comme des enfants devant une
découverte affolante.

Je suis un ange, ne l’oubliez pas, mais après, savoir
à quel catégorie j’appartiens, seuls les
croyants - dont je ne ferais jamais parti - sauront
répondre.

Elfira
mer 27 aoû 2008 12:52